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*SASU* - De la trésorerie à investir

_lael

765 Messages

impliqué
04/03/2021 à 15:37

Membre-128362 a écrit :En terme d’imposition, investir via une entreprise est bien plus rentable ! 30% (flat tax) en nom propre VS 15% si vous ne dépassez pas les 38k€ (de mémoire).

 
A nouveau, la comparaison n'a pas de sens

Pour sortir l'argent de la société il faudra s'acquitter de la flat tax APRES s'être acquitté de l'IS (15% à taux réduit mais 26.5% à taux plein).
Ce qui fait en réalité 30% flat tax (nom propre) VS 15% ou 26.5% IS ET 30% flat tax (via société).

Sachant que si votre société a un fort CA (votre activité de conseil), bha l'IS sera de 26.5%

A côté de ça, en nom propre, vous avez accès à des enveloppes à la fiscalité allégée : PEA, assurance vie, PER, etc...
Où vous pouvez être exonéré d'IR si la durée de détention est suffisamment importante (5ans PEA et 8ans assurance vie).
Ou bénéficier d'une réduction de l'assette imposable (réduction d'impôt donc) dès l'année suivante en fonction des sommes investies (PER)
Membre-128362 a écrit :Pour ma part j’investit aussi dans l’immobilier via une SCI, cela permet d’être imposer a 15% VS 40-50% en nom propre…

 
Idem, ce n'est pas vrai dans tous les cas de figures.
Si on fait de la location en meublé, le statut LMNP est plus intéressant que la SCI dans à peu près tous les cas de figure.
Du moins jusqu'au seuil de passage en LMP.

Quant au foncier en nom propre vs SCI IS ça va dépendre de la situation de chacun.
Et à nouveau en SCI IS c'est 15 ou 26.5% IS ET 30% de flat tax VS IR (0, 11%, 30%, 41% ou 45% selon tranche de revenus) + CSG (17.2%).
Ce qui fait qu'il faut être à un TMI de 30% ou plus pour que la SCI à l'IS soit plus intéressante. Il faut également avoir moins de 38120€ de bénéfice annuels pour ne pas passer à la tranche d'IS supérieure.

Membre-128362

20 Messages

discret
04/03/2021 à 15:52

Je ne suis pas forcement d'accord avec vos chiffres :

1) Garder sur le compte de l'entreprise :
Oui on paie l'IS (15% ou 25.5%), mais le reste est la trésorerie, donc on peut en faire ce que l'on veut (garder sur le compte bancaire, placé sur un compte titre, SCPI, SCI, etc) au nom de l'entretprise bien sur.
Avantage = =11.0ptOn a une force frappe financière plus conséquentes, on peut ce servir de ça pour empreinter au nom de l’entreprise , etc
Inconvénient = on reste lier a notre/nos société=11.0pt  

2) Verser sous forme de dividende :
On paie egalement l'IS (15% ou 25.5%) + la Flat Tax (30%). Ce qui nous fait un montant moindre à investir.

Je suis conscient que dans tous les cas il faudra un jour ou l'autre récupérer l'argent de l'entreprise pour la cloturer ou la revendre.
Mais je me dis que l'on peut ce servir d'entreprise, pour donner à ces enfants.
Dans mon cas :
Convertir ma SASU vers une SAS et donner des parts a mes enfants. Idem pour la/les SCI.

Quand pensez vous ?

Bertino

3 Messages

nouveau
17/04/2021 à 10:52

Le systeme que vous décrivez me semble le plus optimal. Beaucoup creent des holding pour pouvoir le faire mais si on peut le faire directement via sa société c'est mieux. Seulement est ce que c'est possible? Pour ouvrir un compte titre auprès d'une banque on va vous demander une copie des status. Est ce que ca va paaser si le but de la societé est le conseil en informatique?

Freelance91

2033 Messages

Grand Maître
17/04/2021 à 11:04

Il faut que les statuts permettent l'investissement de la trésorerie.

L'avantage de monter une SC détenue par votre SASU est que la SC va bénéficier du taux réduit d'IS à 15% sur les revenus qu'elle va générer.

Bertino

3 Messages

nouveau
17/04/2021 à 11:14

Je viens d'avoir bourse direct au telephone et selon eux il n'y a aucun probleme a ouvrir un compte titre au nom de l'entreprise. Il faut que la societé soit à capital fixe. Du coup en tant que SASU on peut investir directement la tresorerie en bourse.

Freelance91

2033 Messages

Grand Maître
17/04/2021 à 11:38

Bonne nouvelle, tenez-nous au courant

Il vous faudra aussi un numéro LEI, je vous recommande de passer par www.lei-manager.com, ça vous coûtera 49 euros au lieu des 120 euros demandés par l'INSEE ( un vrai scandale ).

J'avais eu cette information via cette discussion https://www.devenir-rentier.fr/t19493

Bertino

3 Messages

nouveau
17/04/2021 à 11:57

Membre-128362

20 Messages

discret
17/04/2021 à 14:34

Bonjour,Oui vous pouvez investir votre trésorerie en bourse. Pas besoin de statue spécifique!Juste faire attention que vos revenus boursier ne dépasse pas les revenus de votre activitée principal :)

Demandée un numéro LEI (pas très chère) et GO!

Personnellement je suis aller chez bourse direct (pour les prix).

Et oui, le montage via une holting est intéressant si vous générés pas mal de CA (dans mon cas, ça ne vos pas le cou), autrement le coût de la structure va vous handicapé.

Membre-176360

23 Messages

discret
18/04/2021 à 00:43

''Et oui, le montage via une holting est intéressant si vous générés pas mal de CA (dans mon cas, ça ne vos pas le cou), autrement le coût de la structure va vous handicapé.''

Bonjour
Quand vous ecrivez ''pas mal de CA'', pouvez vous préciser svp? à partir de quel montant de CA créer une holding est intéressante?
Merci

Membre-128362

20 Messages

discret
18/04/2021 à 09:11

C'est à vous de juger!

personnellement je dois faire autour des 140k€ de ÇA avec un IS d'environ 50 k€ (Car peut de charge pour le moment).

le montage d'une holding me coûterais environ  5k€ (le commissaire au compte coûte très chère). 

de récupérer la moin value de ma SCI pour faire baisser  l'IS de ma SASU ne serait pas si flagrant. De plus ,je compte la gardée la SCI longtemps (15 ans mini), donc la moins value actuelle sera récupéré dans 6-7ans quand elle fera du profil.

et encore de plus :) quand je me paierait via mon entreprise, je dégagerais moins d'IS.

donc c'est pour toute ces raisons que je l'ai pas fait :)

Freelance91

2033 Messages

Grand Maître
18/04/2021 à 13:08

Il n'y a plus besoin de commissaire au compte pour votre holding, depuis 2019 ( sauf si vous générez des CA de plusieurs millions ).

Les CAC avaient beaucoup râlé et manifesté pour essayer de garder cette rente mais la loi est passée

https://www.lecoindesentrepreneurs.fr/sas-commissaire-aux-comptes/

Depuis l’entrée en vigueur de la loi PACTE du 22 mai 2019, les SAS qui contrôlent ou sont contrôlées par une autre société ne sont plus obligatoirement tenues de nommer un commissaire aux comptes.

_lael

765 Messages

impliqué
18/04/2021 à 14:26

Petite note également, la Holding SAS présente également un intérêt dans le cadre d'une société de conseil en EURL.
De cette façon on peut tirer partie du meilleur des 2 formes sociales : rémunération (EURL) jusqu'à un certain seuil puis dividendes (SASU).
Ce qui permet d'arbitrer facilement entre les deux pour optimiser ses revenus.

Bien entendu il ne faut pas le présenter de cette façon en cas de contrôle ce qui pourrait valoir un redressement pour "montage à but principalement fiscal".
Il faut obligatoirement que le montage présente d'autres intérêts : développement du patrimoine, investissement dans d'autres sociétés, dans l'immobilier ou dans des produits financiers avec sa holding, préparation d'une succession, etc...
En bref, que l'existence de cette holding se justifie d'un point de vue patrimonial/professionnel et qu'elle ne serve pas qu'à "réduire ses impôts".

Et comme le rappelle Freelance91, ce montage a pris d'autant plus d'intérêt suite à la loi PACTE et la "suppression", sous certaines conditions, de la nécessité de recourir à un commissaire aux comptes.
Ainsi, le coût additionnel d'une holding est de 300-1500€ à la création (selon si fait seul ou accompagné) puis de 800-1500€/an en terme de comptabilité (peu de mouvements et de frais, immobilisations non amortissables, donc comptabilité relativement simple).

Membre-128362

20 Messages

discret
18/04/2021 à 15:25

Je vous remercie pour cette mise à jour :)
je ne savais pas! En tout cas mon comptable ne m'en a pas parler en 2019 lors de mon montage : convention de trésorerie entre la SASU et ma SCI.

pouvez vous me dire si dans mon cas j'ai un intérêt financier à monter une holding ? 
rappel : je suis free-lance via ma SASU (140k€ de ÇA et très peu de charge), j'ai crée une SCI (moi et mon entreprise) pour investir le cash de la SASU (j'en suis à mon deuxième bien immobilier).

merci à vous pour vos conseils :)

nicolt81

123 Messages

très actif
01/07/2021 à 09:32

Bonjour,

Je rebondis sur cet ancien post, car je réfléchis à ouvrir un compte titre afin de placer la trésorerie non utilisée (SASU IS).

J'ai bien conscience qu'une sortie en dividendes puis un placement en PEA est plus avantageux fiscalement, mais je considère aussi la possibilité de conserver cette trésorerie dans le but de potentiels investissements futurs via la SASU.

J’envisage de rester sur du placement simple type ETF (donc imposition sur les plus-values à la revente si j’ai bien compris ?).

Je serais intéressé par des retours d’expérience :
-    J’utilise un service de comptabilité en ligne assez simple – a votre avis votre avis est-ce compatible avec la gestion d’un compte titre ? ou faut-il obligatoirement envisager un EC ?
-    Financièrement, le jeu en vaut-il la chandelle sur un placement de 50-100k, ou les gains sont-ils trop faibles ?
-    Une société de conseils (capital fixe) qui n’a pas pour objet le placement financier, peut tout de même ouvrir un compte titre pour du placement de trésorerie, sans devoir changer ses statuts ?

Merci !

Membre-128362

20 Messages

discret
01/07/2021 à 10:34

Bonjour Nicolt81,

-    J’utilise un service de comptabilité en ligne assez simple – a votre avis votre avis est-ce compatible avec la gestion d’un compte titre ? ou faut-il obligatoirement envisager un EC ?
>>>>>> OUI, un cabinet en ligne sera capable de géré cela

-    Financièrement, le jeu en vaut-il la chandelle sur un placement de 50-100k, ou les gains sont-ils trop faibles ?
>>>>>> OUI, pour ma part j'ai placé que 15k€ pour commencer, j'ai deja fait 30% de plue value + dividende (j'achète des actions en direct et non des ETF). (Exemple: si tu place 100k€ sur l'action TOTAL, cela te donnerait 2560 actions avec comme dividende 2.64€ / action, se qui te donne : 2560x2.64=6758.4€ de dividende par ans sans trop prendre de risque (de quoi payer tes frais généraux (comptable, etc)))

-    Une société de conseils (capital fixe) qui n’a pas pour objet le placement financier, peut tout de même ouvrir un compte titre pour du placement de trésorerie, sans devoir changer ses statuts ?
>>>>>>> OUI, si les gains boursiers ne dépassent pas ton activité principale

nicolt81

123 Messages

très actif
01/07/2021 à 10:48

Merci pour le retour !
30% de plus-value, impressionnant ! Je suis sur de ne pas faire autant :D
Et du coup, tu es content de ta banque niveau tarif et fonctionnement? (citée plus haut, je ne re-cite pas pour ne pas faire de pub).

Membre-128362

20 Messages

discret
01/07/2021 à 12:01

Ayant acheter des actions durant la fin de "crise covid", ça na pas été dur :)

Pour mon compte titre, je suis chez bourse direct (très peux de frais). Si je l'avais ouvert chez ma banque (CIC), cela m'aurait couté tres tres chère!

Freelance91

2033 Messages

Grand Maître
02/07/2021 à 18:34

nicolt81 a écrit : J’envisage de rester sur du placement simple type ETF (donc imposition sur les plus-values à la revente si j’ai bien compris ?).


 
Attention, un ETF est assimilé à un OPCVM et pour ce genre de produits fiannciers la plus-value latente est taxée, donc même si vous ne vendez pas vos ETF, vous allez quand même payer de l'IS.

nicolt81

123 Messages

très actif
02/07/2021 à 18:56

un ETF est assimilé à un OPCVM 
Merci, c'est justement un de points ou je n'etais pas sur.

Entre ca et mon "comptable" 100% en ligne qui ne gere pas les operations sur compte titre (ils me l'ont confirme hier), je pense que je vais laisser tomber cette idee pour le moment ...

Starlight

1 Messages

nouveau
15/11/2021 à 22:20

Bonjour,
fil de discussion très intéressant. J'ai vu que plusieurs personnes évoquent le fait qu'une entreprise qui place sa tresorerie par exemple dans un CTO doit faire très attention à ce que les plus value issues de ces investissements en bourse ne dépassent pas les "gains" issues de son activité principale.

Qu'entendez-vous par "gains" de son activité principale ? Le chiffre d'affaire ou le résultat ? 
Avez-vous les liens des articles de loi sur ce sujet, car je vais être dans ce cas sur ma SARL cette année et je me demande si je ne devrais pas modifier mon objet social.

Question encore plus spécifique, dans mon objet, j'ai ajouté il y a quelques temps "courtier en assurance". Or cette activité pzut aussi proposer à ces clients des placement notamment en assurance vie. Pensez vous que cette mention dans l'objet de mon entreprise soit suffisante pour me permettre de placer ma trésorerie avec des gains supérieurs à mon activité ? 

Merci pour votre aide.

Louis cc

4 Messages

nouveau
02/12/2021 à 15:38

Bonjour à tous,
J'ai eu l'occasion de creuser longuement la question de l'investissement des excédents de trésorerie et du montage de holding.
Lecteur régulier du forum, j'en profite pour apporter ma contribution. 

Il y a pas mal de solutions pour investir sa trésorerie, et le choix dépend évidemment des objectifs financiers de l’entrepreneur, au sens large.

Cas n°1 : si vous avez constamment un excédent de fond de roulement, ou d'une façon générale un excès de cash non distribuable mais pourrait servir à l’entreprise plus tard (pour développer l’activité ou jouer le rôle de matelas en cas de coup dur).

C'est mon cas : le temps que le comptable me fasse le bilan de l’année N-1, je me retrouve en mars et j'ai les bénéfices du 1er trimestre de l’année N qui s'accumulent sur le compte courant. Ils ne sont pas distribuables sous forme de dividende car on ne peut se verser que les dividendes dont la distribution a été décidée en AG à l'occasion de l'approbation des comptes annuels...

Cet excédent que je ne peux jamais distribuer, je l’ai sécurisé sur des comptes à terme à horizon 5 ans. Je dis bien “plusieurs” (5) comptes à terme car ça me permettrait d’en clôturer un avant le terme si j’en ai le besoin, sans avoir à clôturer les autres (donc sans pénalité sur la rémunération des 4 autres). C’est le courtier par lequel je suis passé qui m’a donné cette astuce.

En cours d’année, je me retrouve également avec un excédent qui n’est pas distribuable avant l’approbation des comptes 6-9 mois plus tard. Avant, je plaçais cet argent sur un compte à terme avec une durée de 6 mois. Je ne me suis pas donné la peine de faire cela cette année car le taux de rémunération est très faible sur un horizon si court.

Cas n°2 : vous avez des excédents de trésorerie dont vous estimez ne jamais avoir besoin pour votre activité, vous pouvez envisager d’investir sur des actifs plus risqués que les comptes à terme, et obtenir une meilleure rémunération du capital. Dans une optique patrimoniale.
Je passe sur les questions réglementaires/formalités (l’objet social de l’entreprise doit permettre l’investissement, il faut le LEI pour le compte-titres, etc.) pour aller directement à la question des placements et leur fiscalité.

Les placements

Voici une liste (non exhaustive) des classes d’actifs accessibles que j’ai envisagées :

  • actions, fonds d’investissement en actions, fonds obligations, foncières cotées,
  • parts de SCPI, de SCI, ou immobilier détenu en direct,
  • autres placements plus exotiques (crypto, œuvres d’art, crowdfunding, etc.),
  • etc.
Pas de restriction particulière hormis les fonds euros (beaucoup moins facilement accessibles aux personnes morales que pour les particuliers).
Un article plus complet sur les types de placements de trésorerie : https://avenuedesinvestisseurs.fr/placements-tresorerie-entreprise/

Mais avant d’investir, la première question que vous devez vous poser est de savoir si c’est réellement dans votre intérêt de détenir ces actifs via votre société commerciale. Et j’en profite ici pour vous mettre en garde sur plusieurs points.

Imaginez le pire : dans quelques années votre société est en difficulté financière et/ou jugée responsable d’un préjudice et doit dédommager le(s) victime(s) et votre assurance ne couvre pas cette dépense. Alors, les actifs de la société peuvent être mobilisés pour honorer les dettes/sanctions financières.

Détenir des actifs financiers (que l’on pourrait très bien détenir en nom propre/personne physique) dans une société représente donc un risque que chacun appréciera en fonction de son activité. Une façon de protéger son capital est de l’investir dans une holding (faire remonter les bénéfices de la société commerciale vers la holding, voir plus loin), mais avant d’aborder ce point, je veux revenir sur les dispositifs et la fiscalité des placements via une société.

Certes, il peut sembler intéressant d’investir via sa société pour avoir un capital investissable plus important car on évite la flat tax de 30 % applicable lorsque l’on se distribue les bénéfices sous forme de dividende. Mais à long terme, vous aurez sûrement envie de consommer cette épargne (envie d’une résidence secondaire, de beaux voyages, autre...), et donc le capital devra immanquablement passer par la case flat tax (ou autre régime en vigueur à ce moment-là).

Faites le calcul : si vous placez 100€ via votre société sur 20 ans, puis vous retirez l’argent en passant par la case flat tax à 30%. Cela n’est pas plus avantageux que de passer directement par la case flat tax à 30% et d’investir en tant que personne physique.
Pire encore, la flat tax pourrait ne pas durer en cas d’alternance politique. Qui sait quel sera le niveau d’imposition des dividendes dans 15 ans ? Je connais des entrepreneurs qui ont justement profité de la flat tax pour sortir de l’argent de leur entreprise (certains ayant d’ailleurs converti leur SARL en SAS pour éviter les cotisations sur la part des dividendes supérieure à 10 % du capital social).

Autre point important. Admettons que vous souhaitiez investir via votre société, sachez que la fiscalité des revenus de placement comporte quelques subtilités, et elles sont plutôt au désavantage de l’investisseur. Voyons lesquelles.

Le compte-titres

Il n’y a pas de plan d’épargne en actions (réservé aux personnes physiques), il faut investir via un compte-titres (CTO). Les dividendes sont taxés à l’IS dans l’année où ils sont distribués (comme pour une personne physique).

Mais le point noir est que les plus-values latentes peuvent également être fiscalisées chaque année ! C’est le cas pour l’ensemble des plus-values latentes sur les fonds actions à l’exception de ceux composés à plus de 90 % d’actions de l’Union Européenne. 

Je vous mets la source (BOFIP) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/4421-PGP.html/identifiant%3DBOI-IS-BASE-10-20-10-20120912

Cette disposition concerne les fonds actions monde (où les valeurs US sont prépondérantes). Et depuis peu, cela concerne aussi l’essentiel des fonds actions Europe car les valeurs UK (pays qui n’est plus dans l’EU) représentent une fraction importante des actions de ces fonds (plus de 10 %).

L’imposition des plus-values latentes est un frottement fiscal pénalisant sur la croissance du patrimoine (effet boule de neige entravé). Tandis que l’investissement en tant que personne physique n’a pas cet inconvénient (le PEA permet même de réinvestir les dividendes sans frottement fiscal au sein du plan).

Il est possible de prendre un fonds actions France pour éviter l’imposition des plus-values latentes, mais c’est se couper de beaucoup de belles entreprises mondiales (dont les valeurs technologiques américaines…).

Précision : les actions détenues en direct ne sont pas soumises à la taxation des plus-values latentes, mais gérer un portefeuille de dizaines d’actions est un gros travail, et tout le monde ne peut pas s’improviser gestionnaire d’un portefeuille actions.

Le contrat de capitalisation

Pour éviter l’imposition des plus-values latentes, et même celle des dividendes, il est possible d’investir via un contrat de capitalisation. L’investisseur (la société/personne morale) peut y loger des fonds d’investissement en actions, des fonds obligataires, des SCPI, des SCI, etc. C’est un outil intéressant. Le contrat de capitalisation fonctionne comme une enveloppe au sein de laquelle les gains et les plus-values sont ré-investissables sans taxation tant que l’argent reste dans le contrat. Et à la sortie du contrat, les gains sont taxés à l’IS.

Pour aller plus dans le détail au sujet du contrat de capitalisation, il y a quand même un petit frottement fiscal prévu par la loi, mais qui est presque inexistant actuellement. En effet, chaque année, il y a une petite imposition anticipée des gains, dont le taux s’appuie sur le TME (Taux Moyen d’Emprunt d’Etat) en vigueur à la souscription. Or, ce mode de calcul fait que les contrats ouverts en ce moment ne souffriront pas de cette friction fiscal car le TME est (était récemment) en territoire négatif…

Le contrat de capitalisation a quand même un inconvénient : il y a des frais de gestion annuel (0,50-0,60% pour les bons contrats) auquel on ne peut pas échapper. Donc entre un compte-titre sans frais de gestion (mais une imposition des plus-values latentes) et un contrat de capitalisation, le choix n’est pas forcément à l’avantage du contrat de capitalisation.

L'immobilier physique

L’immobilier physique peut être détenu en direct par la société ou via une SCI.

Montage classique : l’entrepreneur sépare l’immobilier pro (bureaux, entrepôts) et la société commerciale dans un souci de protection des actifs en cas de difficulté économique de la société commerciale. La société commerciale verse un loyer à la SCI. Idéalement, l’immobilier est acquis à crédit (levier intéressant pour accroître le patrimoine...).

Le cas de la holding

Créer une holding dans laquelle vous faites remonter les dividendes de la société commerciale est une piste envisageable pour protéger les investissements des aléas économiques de la société commerciale (ou des sociétés). Mais la motivation d’une holding doit être plus large que la simple question des placements : investir dans d’autres sociétés, bénéficier d’un report d’imposition en cas de revente de la société fille, centraliser l’administration de sociétés filles, optimiser/simplifier sa succession, etc. La littérature foisonne sur internet, mais il est conseillé de se faire accompagner par un professionnel pour valider le montage et éviter que Bercy ne remette en cause le schéma. Ne pas prendre pour argent comptant ce qu’on lit sur internet !

Le montage d’une holding peut notamment se justifier si vous générez durablement des revenus très supérieurs à ceux dont vous avez besoin pour vos dépenses courantes, et avez l’objectif d’investir sur le long terme, et bâtir un patrimoine significatif dont vos enfants hériteront (facilité pour le partage en donnant des parts).

La holding se justifie également si vous souhaitez vendre une société, bénéficier du report d’imposition du gain réalisé à la cession (auquel cas, prévoir l’opération d’apport-cession en amont de la vente) et réinvestir la quasi-totalité du produit de la vente dans une autre activité.

Accessoirement, comme évoqué sur cette file de discussion, il est effectivement possible (et opportuniste…) de profiter de la holding pour se rémunérer en qualité de gérant majoritaire de SARL et limiter bénéficier du niveau de cotisations afférent (plus faible que celui d’un président de SAS ou d’un gérant minoritaire/égalitaire de SARL).

En matière de placements, la holding offre les mêmes possibilités que celles mentionnées plus haut :
  • actions, fonds d’investissement en actions, fonds obligations, foncières cotées,
  • parts de SCPI, de SCI, ou immobilier détenu en direct,
  • autres placements plus exotiques (crypto, œuvres d’art, crowdfunding, etc.),
  • etc.
On peut également ajouter la participation dans d’autres sociétés (ce qui légitime souvent la création de la holding), la fiscalité en cas de revente des parts dépend du niveau de participation au capital des sociétés.

Dans une holding, les dispositifs et les règles comptables sur les gains sur les placements financiers sont les mêmes que celles évoquées plus haut, notamment cet inconvénient de l’imposition des plus-values latentes sur les fonds d’investissement.


En conclusion, il faut bien avoir à l’esprit qu’en tant que personne physique, on peut investir via le PEA, l’assurance vie, le PER (pour préparer sa retraite), etc. qui sont des dispositifs très attractifs fiscalement. Et on cloisonne patrimoine perso et pro (sécurité).

En investissant via sa société, la fiscalité n’est pas forcément avantageuse et il est préférable (à mon sens) de séparer les investissements de l’activité commerciale en optant pour une holding. Ce type de montage peut faire sens seulement si on l’inscrit dans une stratégie beaucoup plus large que la simple question de placer sa trésorerie d’entreprise.

En espérant que ma contribution vous aura été utile.

Louis

Membre-128362

20 Messages

discret
02/12/2021 à 16:41

Bonjour à tous,

Merci Louis pour ton retour et ton analyse.

De séparer ces investissement pro/perso est une bonne idée.

Pour ma part j’investis via ma SASU en actions Française et via ma SCI (via une convention de trésorerie) pour ne pas passer par la case flat tax et de pouvoir profiter de l’intégralité de ma somme investit. Etant jeune, je n’ai pas besoin de cet argent et par ce biais, ma SASU pourra être convertit a terme en SCP (ou tout autre statue pour gérer du patrimoine) lorsque j’arrêterais mon activité.

Je considère que si tu touche des dividendes via ton CTO perso ou que tu touche des dividendes via ton entreprise, tu seras taxé pareil… dans le premier cas, ton patrimoine évoluera moins vite que dans le second.
Après comme tu le souligne tout dépend de la criticité de ton entreprise ! si tu es freelance a ton compte pour des grands comptes, le risque d’avoir des problème financier/juridique est peu probable.
Je pense que chacun a des objectifs différents, que ce soit sur la durée, sur la prise de risque ou encore sur son objectif final.
Pensez vous que ma SCI qui est lier via une convention de trésorerie à ma SASU peut-être redevable si la SASU avait des problèmes financiers ?

Merci à vous 😊

Freelance91

2033 Messages

Grand Maître
02/12/2021 à 18:20

Votre SASU doit être actionnaire de la SCI sinon elle ne peut pas y apporter de fonds.