L’intelligence artificielle : quelles opportunités pour les freelances ?


Publié le 08-01-2021 par Modérateur FREELANCE INFO



Selon de nombreuses prévisions d’experts, les années à venir seront celles de l’intelligence artificielle. Le machine learning et l’automatisation sont déjà très présents dans les secteurs industriels et tertiaires. Mais l’utilisation de l’IA devrait encore s’accroître et se généraliser, cette technologie étant désormais considérée comme un atout compétitif indispensable surtout dans les situations de crises actuelles. Cet essor va logiquement entraîner une profonde restructuration du marché de l’emploi. Quelles seront alors les opportunités des free-lance dans le domaine de l’intelligence artificielle ?

Une demande croissante pour les métiers de l’IT

Pour 2021, la fédération Syntec Numérique anticipe une croissance de +1 % pour les secteurs du conseil en technologie, de l’édition de logiciels et des services IT. Le levier de cette croissance sera principalement l’essor du marché du cloud.

Le rapport du « forum économique mondial » indique de son côté que l’IA pourrait, d’ici 2022, entraîner une augmentation nette de 133 millions d’emplois à travers le monde. Sur la même période, les experts estiment que ce secteur subira une pénurie de candidats due à une crise des talents.

En effet, l’IA demande une courbe d’apprentissage élevée et des connaissances avancées dans l’analyse, la gestion et le traitement de données, la conception et le développement d’algorithmes complexes ou encore l’apprentissage automatique (machine learning).

Les métiers de l’IT resteront des profils très recherchés, mais avec des spécialisations notamment :

- data analyst, miner et scientist,

- développeur Big Data et machine learning,

- ingénieur en apprentissage automatique,

- ingénieur robotique,

- consultant en IA,

- architecte Cloud.

Les impacts de l'intelligence artificielle sur les autres secteurs d’activité

Si les emplois de conception,  de développement et de maintenance d’applications, logiciels et programmes « intelligents » se multiplient, les analystes prévoient que leurs expansions perturberont l’ensemble de l’économie.

L’automatisation se développe déjà depuis des dizaines d’années. Mais, à la suite de la pandémie de 2020, elle fait partie des priorités stratégiques de près de 75 % des entreprises. Les outils « intelligents » et autonomes ont en effet prouvé leur efficacité pour assurer la continuité des activités en période de crise.

Certains métiers risquent donc de se voir remplacés par des programmes “intelligents”, des robots ou d’autres appareils automatisés. Il s’agit principalement de postes facilement automatisables où des systèmes de gestion et logiciels d’IA sont déjà en place tels que :

– le télémarketing,

– la comptabilité,

– la rédaction et la correction,

– le secrétariat et l’assistance administrative.

Néanmoins, l’IA n’est pas fondamentalement destructrice d’emploi. Selon le rapport du « Conseil d’orientation de l’emploi » (COE) seulement 10 % des professions seraient susceptibles de disparaître dans les prochaines années. De plus, le secteur de l’IA fournirait également des possibilités de reconversion d’ici là. Sur les 133 millions de postes susceptibles d’être créés d’ici 2022, 58 millions correspondent à de tout nouveaux métiers où l’offre est encore inexistante.

L’apparition de nouveaux métiers de l'intelligence artificielle

Selon une étude de Dell et de l’« Institut du futur », 85 % des emplois qui seront demandés en 2030 n’existent pas encore à l’heure actuelle. Si l’IA requiert principalement des profils IT, d’autres professions vont aussi devenir indispensables à son bon fonctionnement. Parmi ces nouveaux métiers de l’IA, on peut déjà citer les :

- « Personal data broker » ou « courtier du numérique » qui ont pour rôle d’acheter et de vendre les données qui transitent sur Internet. Ils exercent principalement sur les marchés de data.

- « Entraîneurs d’IA » : qui ont la responsabilité de gérer et de superviser les processus d’apprentissage de l’IA.

- « Psydesigner et designer de personnalité » : ce sont les “psychologues” de l’IA. Ils sont chargés de construire les personnalités des objets et assistants connectés afin de les rendre plus « humains ». Ils ont aussi pour rôle d’imaginer les scénarios, le passé et les vécus de l’IA. Le but étant de lui créer une individualité fondée et réaliste.

- « Rédacteur IA » : en complément des psydesigner, ils rédigent les différents dialogues et conversations que peuvent avoir les assistants « intelligents » ou les robots connectés avec leur propriétaire. Ils ont pour mission de définir le script, mais également le ton, le niveau de langage utilisé et même les notes d’humour.

- « Chief ethics officer » : ce sont les garants de l’éthique des algorithmes de l’IA. Ils doivent veiller à ce que que ceux-ci ne comportent pas de données ou calculs discriminatoires et illégaux.

L'évolution digitale des compétences et professions

Pour s'adapter aux nouveaux usages et besoins engendrés par l'IA certains métiers devront faire évoluer leurs compétences et services :

- les « éthiciens des intelligences » : la profession d’éthicien existe déjà, mais avec l’essor de l’IA ses missions se diversifient. Il a à présent la responsabilité de surveiller et de signaler toutes les menaces liées à l’utilisation de l’IA sur les données des utilisateurs.

– les avocats et juristes en IA : ces métiers seront amenés à légiférer sur les relations entre humains et machines. Ils devront notamment intervenir en matière de respect de la vie privée, de confidentialité ou de RGPD. Leur rôle va devenir essentiel, car les nouveaux usages de l’IA risquent de révéler des vides juridiques.

La cybersécurité sera également au cœur des préoccupations avec l’augmentation des échanges de données et des processus de décisions automatiques. Les profils d’ingénieurs-analyste, de consultant en cybersécurité, de pentester (auditeur en sécurité) et de RSSI (responsable de la sécurité des systèmes d’information) seront donc de plus en plus convoités.

Ces listes sont bien entendu évolutives. L’IA et le secteur numérique en général étant des sources de recherches et d’innovations permanentes.

L’essor de L’IA va donc complètement transformer le rapport personne-machine particulièrement dans le domaine professionnel. Si certaines activités risquent d'être supprimées, car remplacées par des robots automates ou algorithmes, des professions inédites vont faire leur apparition. Il s’agit d’un processus de destruction créatrice où les opportunités seront multiples notamment dans l’IT.

Et vous, que pensez-vous de cette modification du marché de l’emploi ? Envisagez-vous de vous reconvertir ou de monter en compétences sur un ou plusieurs métiers de l’IA ? N’hésitez pas à nous faire part de vos impressions sur le forum.

 

Rapport « Future of jobs » : http://www3.weforum.org/docs/WEF_Future_of_Jobs_2020.pdf

https://www.delltechnologies.com/content/dam/delltechnologies/assets/perspectives/2030/pdf/SR1940_IFTFforDellTechnologies_Human-Machine_070517_readerhigh-res.pdf

 



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